Je n’ai pas fait le compte des billets dans lesquels je vous ai parlé du sommeil de Ouistiti, mais vous devez toutes savoir que c’est LE truc qui nous a mis les nerfs à rude épreuve.

Entre le RGO qui n’a pas été pris en compte avant ses 7 mois, et la colopathie qui n’a été traitée qu’à ses 16 mois, il a fallu faire preuve d’ingéniosité pour l’aider à trouver le sommeil.

A cause du RGO, il fallait le tenir à la verticale et, à cause de la colopathie, je devais lui ramener les jambes sur le ventre quand une crise s’annonçait.

Vous l’aurez donc compris, pour réussir à ce que Ouistiti trouve le sommeil, il s’endormait sur moi. Je devais ensuite le poser avec délicatesse et la tête bien surélevée, pour espérer que le dodo dure quelques heures.

La colopathie prenait le relais en fin de nuit, et je me retrouvais presqu’à le plier en deux : son dos contre mon ventre et ses jambes posées sur mon bras et relevées contre lui. La variante ? Allongé son ventre sur mon bras.

Et comme tous les bébés, il y avait les réveils pour manger. Les tétées ont fini par m’aider à apaiser les réveils douloureux, mais pas au début où je me souviens qu’on se relayait, une fois sur deux, pour le réveil du milieu de nuit qui était le plus long.

Petit à petit, ces astuces pour l’apaiser et l’endormir sont devenues des automatismes. Mais, si elles nous aidaient quand il n’allait pas bien, elles nous ont fait entrer dans une spirale infernale, quand, enfin, on a contenu le RGO et traiter la colopathie.

Au final, Ouistiti ne s’est jamais endormi tout seul.

Son changement de lit de bébé pour un lit inspiré, à notre sauce, de la méthode Montessori, a évité le fréquent réveil du passage de notre chambre, où il s’endormait avec moi, à son lit où je le déposais : il y avait une bonne distance entre nos chambres et avec le parquet qui craquait sous mes pas, et sa taille qui ne me permettait plus de le porter comme un nourrisson, j’échouais régulièrement dans la dépose au lit…

Une fois couché, j’étais comme conditionnée à attendre ses réveils : rares étaient les soirs où je m’endormais avant 1h…

J’ai peut être fait preuve de faiblesse, mais la fatigue me faisait alors choisir la simplicité de la tétée qui rassure, lorsqu’il se réveillait trois ou quatre fois par nuit, pour que ça ne dure pas, et que je puisse me rendormir aussi vite que possible.

Mais cette facilité n’était que positive sur le court terme. Les douleurs se sont atténuées, mais les difficultés liées au sommeil, elles, sont restées.

A la fin de l’année dernière, Ouistiti se réveillait toujours entre 3 et 5 fois par nuit, et moi je réagissais comme un zombie en lui donnant la tétée qu’il me réclamait à chaque fois.

La fatigue m’a grignoté le moral, et petit à petit je m’enfonçais dans une déprime, pour ne pas dire un burn-out. Je ne voyais pas comment sortir de ce cercle infernal.

Le sommeil de Ouistiti nous a fait consulter deux pédopsy qui n’ont pas su être à notre écoute, et ne proposaient que des solutions ne prenant pas en compte tout les contextes de nos difficultés.

Alors que je m’apprêtais à invoquer un marabout, j’ai eu les coordonnées d’une psychologue pratiquant l’haptonomie, cette pratique qui fait le lien entre le corps et les émotions.

Je la connaissais dans le cadre de la préparation à l’accouchement, mais je ne savais pas que l’haptonomie se pratiquait également après.

Nous avons fait plusieurs séances : à deux (Ouistiti/moi – Papa/Ouistiti), à trois et moi toute seule.

Il y a eu des séances où nous avons juste parlé : de ma grossesse, des premiers mois de Ouistiti, de ses problèmes de santé, de notre allaitement…

Et d’autres où elle nous a manipulés : d’abord moi seule, puis avec Ouistiti. Et plus longuement, quand j’y allais seule, pour m’expliquer la philosophie de l’haptonomie et comment en tirer profit à la maison, sans elle.

Je n’ai pas encore assez de pratique, ni son expérience pour le faire naturellement au quotidien, mais je m’en sers, avec succès à chaque fois que je sens que l’endormissement va être compliqué, ou qu’une situation m’échappe.

Nos séances à deux m’ont permis de faire le point sur d’autres éléments qui me parasitaient l’esprit : j’en sortais, à chaque fois, légère comme une plume.

Le maître mot qui me vient à l’esprit que je pense à la personne que nous voyons toujours, c’est la bienveillance.

Elle m’a conseillé un livre que j’ai dévoré et qui m’a rassurée (je vous en parle bientôt), car je commençais sérieusement à douter de moi, et de mon rôle de Maman.

Ouistiti s’endormait comme un charme à la garderie. Mais, à la maison, c’était la croix et la bannière, et ça finissait par jouer sur l’ambiance générale.

La fatigue est un fléau qui joue sur tout…

Cela faisait un moment que je voyais bien que les réveils nocturnes étaient conditionnés par les tétées : Ouistiti se réveillait systématiquement aux mêmes heures, juste pour tétouiller 3 minutes. Ça le rendormait, donc je ne luttais pas.

Mais c’est moi que ça grillait, car, contrairement à lui, je ne me rendormais pas aussitôt. Et quand j’avais enfin réussi, il se réveillait à nouveau…

Avec une écoute sans jugement et des conseils prenant en compte mes émotions, l’Hapto m’a guidée vers ce qui devenait mon salut : le sevrage.

J’y pensais depuis la fin de l’année dernière, mais je ne savais pas comment m’y prendre. Je culpabilisais d’envisager de le priver de ce qui l’aidait à dormir, pour mon propre sommeil.

Je me disais aussi que ça ne résoudrait peut être pas le problème, voire même que ça l’aggraverait.

Bref, je pataugeais

En fonction de ses observations sur plusieurs séances, elle m’a guidée tout en accompagnant Ouistiti dans le préambule de ce qui allait se passer à la maison.

A cette époque, Ouistiti était assez fou-fou, difficilement canalisable, ce qui rendait mes journées bien difficiles avec les nuits bien fatigantes. Mais à chaque fois qu’on arrivait dans son cabinet, il était d’un calme olympien : il jouait tout seul, nous laissant parler sans interruption. Il discutait avec elle, sans s’énerver, si elle ne comprenait pas tout du premier coup. Il s’y est même endormi !

Il était complètement serein, alors qu’avec nous à la maison, c’était devenu le règne du Terrible Two en puissance. Le voir confiant avec elle a renforcé la confiance que j’avais en elle.

J’ai commencé notre sevrage un soir, après l’un de nos rendez-vous. Nous avons beaucoup parlé, et je lui ai expliqué ce qu’il allait se passer.

Il répétait les morceaux de mes phrases les plus importants, en y mettant une interrogation. Du coup, je répondais à ses questions en répétant mes phrases. Il me les répétait encore mais sans le ton interrogateur. Il me comprenait.

La première nuit a été compliquée : il se réveillait comme à son habitude, mais je ne lui proposais pas le sein. Il y a eu des larmes, pour tous les deux. Mais les câlins les calmaient assez rapidement, malgré tout.

Comme il ne tétait plus la journée, le lendemain s’est passé tout à fait normalement. Il n’a pas eu de changement de comportement, suite à mes refus de la nuit précédente.

Cela a été plus facile, dès la deuxième nuit : moins de réveils où il réclamait, et apaisement à chaque fois assez rapide.

Petit à petit, les réveils ont été plus tardifs, donc moins nombreux, et j’arrivais toujours à le réconforter. Et petit à petit, il ne demandait plus à téter.

De mon côté, j’ai dû prendre de l’homéopathie car ma lactation était toujours bien présente, même après 25 mois 1/2.

Au final, ça a été beaucoup moins difficile que ce à quoi je m’attendais, et les bénéfices ont été visibles tout de suite !

De 3 à 4 réveils, on est passé à un seul, et on a même eu une nuit complète : vous auriez vu ma tête quand il m’a appelée, et que j’ai vu 6h42 sur le réveil (surtout si je vous dis qu’il s’est rendormi après jusque 9h !).

Sommeil de l'enfant - sevrage

Ma fatigue n’est clairement plus la même, et mon moral a meilleure mine !

Ouistiti est beaucoup moins nerveux, et ça ressent sur plein de choses.

Il devient chaque jour de plus en plus autonome que ce soit dans les repas, les jeux, la toilette… Il peut passer de bons moments à s’occuper sans moi.

Son langage s’est également enrichi de manière remarquable : il compte jusqu’à 10, il reconnaît des lettres, il fait des phrases construites et il les nuance selon ce qu’il veut nous dire.

C’est un vrai petit farceur qui nous fait rire tous les jours, avec ces trouvailles rigolotes et ses petites manies.

Tout n’est pas encore réglé, car il a encore besoin de moi pour s’endormir. Mais je trouve nos progrès déjà incroyables, et je nous fais confiance pour arriver à franchir également cette étape.

On s’adapte aussi : il y a encore quelques mois, je m’acharnais à le faire dormir, coûte que coûte, l’après-midi. Maintenant, je prends le parti de faire un temps calme, sans chercher la sieste. Cela fait des journées soutenues à chercher des occupations diverses et variées, mais le soir, le coucher est forcément plus rapide.

Les soirs de garderie par contre, c’est plus long vu qu’il continue de dormir là-bas. Donc, là aussi, on s’adapte : on profite un peu plus pour jouer avant le repas, on lit un peu plus et on attend l’endormissement.

Sommeil de l'enfant - sevrage

Il va encore y avoir des ajustements à faire dans ces nouvelles habitudes qui ne sont pas encore parfaites, puisqu’il ne s’endort pas tout seul, et certains jours pas rapidement. Mais ces derniers mois nous ont montré qu’avec de la patience, rien n’est impossible !

Un de ces quatre, j’en suis sûre, le Marchand de sable et Morphée trouveront notre adresse.

Ce jour là, croyez moi, on fera une mega fiesta !

 

Comme toujours, ce billet reflète mon avis personnel sur le sevrage : j’ai pris cette décision en fonction de notre vécu et des difficultés qui s’accumulaient. Ce n’est en rien une vérité exacte sur l’allaitement long que j’aurais préféré terminer par un sevrage naturel.

6 Thoughts on “Le Marchand de Sable, Morphée et notre aventure lactée

  1. Je suis super ravie pour toi, pour vous!!

    La fatigue est vraiment très difficile à gérer au sein du couple je trouve. Et encore je n’ai pas à me plaindre avec petit Paul.

    Lorsque j’allaitais (les 2 premiers mois) il se réveillait toutes les 1h30-2h grand max jour et nuit j’étais épuisée. Depuis que je ne l’allaite plus il fait ses nuits, il se réveille 0 fois par nuit ou 1 ou 2 fois car il a des sortes de terreurs nocturnes auxquelles je ne trouve pas de solution 🙁

    Depuis un bout de temps je pense faire un article sur mon blog concernant l’allaitement et le sevrage de petit Paul mais cela a été tellement difficile pour moi, tellement source de jugement etc que j’ai encore beaucoup de mal à en parler.

    • MamanDeOuistiti on 14 mars 2016 at 10 h 53 min said:

      L’allaitement est quelque chose de tellement personnel que personne ne devrait avoir à donner son avis.
      C’est une histoire entre la maman et son bébé.
      Il y a autant d’allaitements que de duos « Maman/enfant ».
      Mais les gens ne peuvent pas s’en empêcher et c’est, à mon sens, un des éléments qui y rajoute de la difficulté.
      Je trouve bien dommage qu’il n’y ait pas plus de transmission et de bienveillance vis à vis de l’acte le plus naturel du mois.
      En plus, je cumule vu que j’ai porté Ouistiti alors qu’il était déjà bambin. Un jour, au Monoprix, un mec que je ne connaissais m’a dit que c’était parce que je n’arrivais pas à couper le cordon que je le portais encore « à l’extérieur »…

  2. Je ne savais pas que l’hapto pouvait aider pour ça. Je retiens car je dois programmer une séance avant la marche pour TinyFairy. C’est celle de Vincennes ou une de Paris que tu as été voir (il n’y en a pas 10000, nous on a testé Reuilly-Diderot et ma ville -et Joinville mais elle était un peu barrée :-p ).

    • MamanDeOuistiti on 14 mars 2016 at 10 h 55 min said:

      C’est celle de Bastille. J’avais aussi les coordonnées d’une autre dans le 19eme mais elle part à la retraite bientôt, et ne prend plus de nouveaux patients.
      En tout cas, moi, elle m’a sorti la tête de l’eau !

  3. Adeline WEISSE on 15 mars 2016 at 8 h 17 min said:

    Je trouve formidable que tu ne baisses jamais les bras et que tu tentes toujours l’impossible pour Ouistiti. Bravo.
    L’hapto c’est exceptionnel, pour le lacher-prise, la confiance en soi et ramener la sérénité à la maison.
    Courage.

    • MamanDeOuistiti on 15 mars 2016 at 9 h 51 min said:

      Comme toujours, tu trouves toujours les mots qui me touchent.
      C’est d’autant plus émouvant pour moi que tu résumes en deux phrases ce que j’ai essayé de faire pendant deux ans.
      Et tu as raison, ce lâcher-prise nous fait un bien exceptionnel !
      Merci pour ta fidélité et la bienveillance que tu déposes ici à chacun de tes messages.
      Je t’embrasse

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