On dit toujours que les choses n’arrivent pas par hasard, et qu’il faut savoir en tirer du positif.

Au plus fort de mes douleurs, je n’aurais jamais pu dire que quelque chose de bon allait sortir de tout ça. Mais une semaine après et le mal quasiment parti, j’arrive à l’oublier pour ne voir que ce bon côté.

Je vous avais confié, il y a quelques temps, que Ouistiti nous déstabilisait dans ses réactions face à la frustration.

Cela se manifestait par des coups de pieds, des ongles qui pincent les bras, des cheveux tirés. Et PapaDeOuistiti le subissait encore plus fort que moi, et en souffrait beaucoup.

Ouistiti n’avait pas encore 18 mois, mais quand on en parlait avec des amis ou son pédiatre, la réponse était toujours la même : les 2 ans arrivent, c’est la période.

Oui, bon, d’accord mais ça faisait quand même plus de 6 mois avant l’âge officiel du début des complications, et on se demandait bien comment on allait gérer, tout ce temps, ses réactions qui finissaient par nous faire mal (physiquement et sentimentalement).

Je n’ai pas souffert de la même façon que PapaDeOuistiti de cette situation qui, lui, se sentait tout simplement rejeté par son fils, mais j’avais beaucoup de peine à chaque fois qu’il subissait un coup, et je culpabilisais.

Avec Ouistiti, ce n’est pas un scoop, nous sommes très fusionnels : l’allaitement, le portage, ses soucis de santé qu’il a longtemps fallu gérer seuls pour l’apaiser, ma personnalité ultra protectrice, nos journées de la semaine passées rien que tous les deux jusqu’à ce qu’il aille à la garderie à 14 mois, font que nous sommes la continuité l’un de l’autre.

Ca peut parfois être usant quand on est fatigué (les nuits toujours incomplètes, toussa toussa) ou quand le dos vous lâche, mais c’est ma vision de la maternité : je suis là pour lui, et je reste persuadée que ça lui donne les bases d’une bonne autonomie, car il saura que je serai toujours à ses côtés en cas de besoin, et qu’il pourra ainsi se lancer vers l’inconnu avec moins de craintes.

Mais cette ultra-fusion a eu des inconvénients pour PapaDeOuistiti qui, alors qu’il a toujours été présent pour les soins, les câlins et les attentions du quotidien, s’est retrouvé comme rejeté par un petit garçon qui ne voulait que sa Maman.

Forcément il en a souffert. Forcément il a été frustré de voir ses efforts pour attirer l’attention de son enfant balayés d’un coup de pied, ou d’un coup d’ongles.

De mon côté, j’ai fini par être usée de cette hyper sollicitation, car je ne pouvais plus rien faire sans Ouistiti, sous peine de pleurs incessants.

Notre famille s’asphyxiait et, au final, on était tous malheureux et sur les nerfs.

Et la semaine dernière, mon dos ne m’a pas laissé d’autre choix que de lâcher-prise.

J’avais trop mal pour jouer, pour porter, pour sortir, pour endormir… J’avais trop mal pour faire quoique ce soit.

Ouistiti a dû accepter que sa Maman ne pouvait plus faire comme d’habitude. Ca n’a pas été facile.

Il y a eu des larmes, pour lui, pour moi…

Mais ce ne sont pas ces larmes, ni ma douleur que je retiendrai de cette semaine si difficile. Non, ce que je retiendrai c’est le changement qui s’est opéré pour Ouistiti vis-à-vis de son Papa.

Voyant que j’étais incapable de m’occuper de Ouistiti, il a fait presqu’une semaine de télétravail et, en parallèle, il gérait un petit bonhomme de 19 mois qui ne demandait qu’à jouer (Vive le bouton « mute » du casque quand vous êtes en audio-conférence !).

Les repas, les changements de couches, le bain, le dodo : il a tout mené de front en plus de son boulot, alors qu’il est en plein lancement d’un très gros projet.

Il m’a laissée me reposer le plus possible.

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Il a instauré de nouveaux rituels avec Ouistiti, complètement différents des miens et qui marchent mieux

Ce changement de rythme et mon effacement imposé ont fait que Ouistiti a, naturellement, été plus en contact  avec son Papa qu’avec moi, et au bout d’une semaine, on ne peut que constater les bénéfices.

Depuis quelques temps, la mise au dodo était redevenue une sinécure. Ca pouvait durer jusqu’à 21h30, voire même 22h avant que je n’arrive à l’endormir.

Depuis une semaine, ça se règle en à peine 15 minutes avec un vrai temps calme défini, après lequel Ouistiti sait qu’il va être l’heure de s’allonger pour dormir (ça se passe encore dans notre chambre, mais la prochaine étape, ce sera dans son lit).

Ils ont de vrais échanges câlins qui durent : je ne suis plus la seule le matin vers qui il vient se blottir.

Quand PapaDeOuistiti quitte la pièce, on entend maintenant une petite voix qui appelle « Papa ? ».

Ils ont des moments complices le matin, dans la salle de bain : PapaDeOuistiti lui « rase » la barbe une fois qu’il a fini d’égaliser son bouc, et il lui pschitt un coup de déo sous les bras (déo rebouché bien sûr !)

Ils ont de grandes discussions : Ouistiti a appris à reconnaître toutes les parties de son corps. Il en connaissait bien sûr déjà certaines, mais là il les enchaine toutes jusqu’à montrer fièrement ses cheveux ! Il imite aussi de nouveaux animaux. Tout ça, il l’a appris avec son Papa, et hyper rapidement !

Quand quelque chose lui fait peur, il ne vient plus que vers moi pour être rassuré : il se blottit contre ses jambes, et tend ses bras vers lui.

Et le soir quand on entend la porte s’ouvrir, peu importe ce qu’on fait, Ouistiti s’arrête pour aller le voir avec un grand sourire.

J’ai conscience que je ne suis pas pour rien dans cette situation, qui était devenue compliquée entre eux deux.

J’étais sans aucun doute trop présente, et surprotectrice pour laisser la place qui revenait de droit à PapaDeOuistiti.

En prendre conscience et l’admettre m’a fait de la peine pour le Papa de mon fils que j’ai négligé, sans le vouloir consciemment.

Comme pour la garderie où c’est mon état qui a fini par me faire admettre que j’avais besoin d’une béquille, c’est encore mon corps qui a tiré la sonnette d’alarme, et qui m’a fait regarder mes erreurs en face.

Je ne vais pas arrêter pour autant d’être maternante avec mon petit garçon : ce n’est même pas envisageable, c’est dans mes tripes.

Mais je vais prendre soin de respecter chacune de nos places de Papa et de Maman.

Car Ouistiti a bien besoin de nous deux, la preuve en est, les choses sont plus simples ces derniers jours.

Et les vacances, qui arrivent, vont nous permettent de continuer sur cette belle lancée !

9 Thoughts on “Apprendre à s’effacer…

  1. C’est très positif, tout ça !
    Pas facile le métier de parent ! Il faut trouver les ajustements

  2. C’est une chouette prise de conscience.

  3. Adeline WEISSE on 17 juillet 2015 at 12 h 51 min said:

    C’est toujours compliqué lors d’un passage de deux à trois de faire que chacun trouve sa place.

    Le principal est de s’écouter, prendre le temps et partager. Papa Chat a toujours peur de mal faire, il est volontaire, mais doute, alors je l’encourage, c’est tellement beau un papa qui s’occupe de son bébé !

    Tu fais preuve de courage pour reconnaître ce qui te semble être tes erreurs, mais finalement, comme tu le mets en accueil du blog, on tâtonne, on essaie… alors moi je crois que ce ne sont pas des erreurs, c’est la vie avec nos sentiments, nos ressentis, et surtout on fait toujours du mieux qu’on peut en pensant donner le meilleur.

    De tout cela ressort une belle touche d’amour et d’optimisme !

  4. ici aussi ça a été pareil, jusqu’à ce qu’Anna arrive… déjà enceinte je ne pouvais pas m’occuper toujours de lui, papa a pris le relais.
    mais pour les dodos et les calins, c’est toujours maman…

  5. Bonne continuation pour cette nouvelle organisation
    tant mieux si cela semble fonctionner
    bisous

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