Madame ? Mademoiselle ? Peu importe sauf le respect !

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Depuis quelques temps, j’ai remarqué un phénomène étrange : je change de statut, sans même avoir le temps de dire « ouf ! ».

Mademoiselle ou Madame : mon qualificatif change selon si je suis avec Ouistiti ou pas.

Au début, ça me faisait sourire, mais dernièrement, dans un contexte bien particulier, ça m’a complètement retournée.

Source : geluck.com
Source : geluck.com

Pour la défense de ceux qui me faisaient sourire, je n’ai pas franchement une allure de Madame : je suis fidèle à mon jean et mes baskets, et il paraît que je ne fais pas mon âge (ça m’arrange car il commence sérieusement à chiffrer !).

Et puis, en vrai, je suis une Mademoiselle, puisque je ne suis pas mariée à PapaDeOuistiti (Hein ? Quoi ? Comment ? Si, si, et je vous assure que je le vis bien !)

Mais depuis la naissance de mon fils, un phénomène étrange est arrivé : d’un coup, quand je sortais avec lui, je devenais une Madame.

On voit déjà la pensée commune encore bien ancrée : Maman = Femme mariée…

Jusqu’à il y a peu, comme je le disais, ça ne me dérangeait pas de passer de l’une à l’autre mais, ça, c’était avant que je ne passe devant une bande de jeunes, pas très loin de chez moi.

Ce n’était pas la première fois puisque, depuis qu’on a déménagé, le chemin le plus court pour aller faire mes courses me fait passer devant leur groupe, qui ne bouge quasiment pas de la journée.

Ils m’ont donc déjà vue : avec Ouistiti, sans Ouistiti et avec ou sans PapaDeOuistiti.

Mais cette fois-ci, dans la même journée, j’ai eu droit au respect et à l’irrespect le plus total.

Le respect, je l’ai eu quand je suis allée faire notre promenade du matin, avec Ouistiti dans sa poussette.

Plusieurs de ces jeunes étaient en plein milieu du trottoir, et l’un d’eux a dit à ses copains : « Hé mais les gars, laissez passer la Dame, vous voyez pas que vous l’empêcher de passer avec son bébé. Excusez les, Madame, ils sont pas très réveillés« .

Je l’ai remercié, leur ai souhaité une bonne journée et j’ai continué mon chemin.

A mon retour, ils m’ont vue de loin et se sont tous écartés. J’avais l’impression de franchir une haie d’honneur.

Sur ce coup, ils m’ont vraiment fait rire.

Un peu plus tard dans l’après-midi, je suis ressortie, mais, cette fois, sans Ouistiti, resté avec son Papa.

Je reprends donc le même chemin, la bande est toujours là.

Habituellement, je me méfie quand je croise des groupes : je ne fais pas exception à la règle de m’être déjà fait emmerder par des gros lourdauds, quand je suis seule dans la rue ou dans les transports.

Mais vu la bonne atmosphère qu’il y avait eu le matin, j’y suis allée confiante.

J’ai seulement oublié un détail : Ouistiti n’était plus avec moi. Et eux avaient visiblement oublié qu’ils m’avaient vue le matin.

A peine suis-je arrivée à leur hauteur que je me suis prise une première réflexion déplacée.

Comme je l’ai dit, j’ai l’habitude, même si là ça m’a surprise. J’ai donc fait comme à chaque fois : pas de réponse et continuer mon chemin.

Mais ça ne leur a pas plus et de là, c’est devenu beaucoup plus grossier.

Je n’en revenais pas : juste parce que je n’avais plus mon bébé, j’ai perdu le droit de me faire traiter avec respect, et j’ai gagné celui de me faire insulter car je ne répondais pas à une remarque graveleuse.

J’ai filé faire la course que j’avais oubliée le matin, la gorge serrée et pas franchement à l’aise dans mes baskets.

Bien évidemment, je ne suis pas passée par le même chemin pour rentrer. Je ne le prends d’ailleurs plus du tout depuis.

Je n’ai pas envie de savoir qu’elle sera leur réaction la prochaine fois que je passerai seule devant eux, ni même comment ils réagiraient en me voyant avec Ouistiti mais en se rappelant, cette fois, que je les avais ignorés à mon précédent passage.

Je sais être grande gueule : quand, dans les transports, on râle parce que je demande une place assise ayant Ouistiti dans l’Ergobaby, quand on veut le toucher ou qu’on le prend pour un singe savant, quand un vicieux se donne le droit d’être trop près…

Les exemples sont malheureusement nombreux.

Mais je sais aussi quand je ne dois pas être grande gueule, même si j’ai la réplique pour envoyer bouler au bord des lèvres.

Je ne comprends pas et je ne comprendrai jamais de quel droit ces jeunes (et parfois moins jeunes) se permettent d’importuner des jeunes (ou moins jeunes) femmes, tout simplement parce que ce sont des mecs et nous des nanas

Et surtout, le constat est amer : je mérite le respect lorsque je sors en mode maman, mais pas en tant que femme

Si il y a bien une chose que je vais m’atteler à apprendre à Ouistiti, c’est le respect de TOUTES les femmes.

La société dans laquelle Ouistiti grandit me fait souvent peur, et j’espère que je saurai le guider correctement pour qu’il emprunte le droit chemin.

6 Commentaires

  1. Je compatit, j’ai déjà connu le même phénomène, même si ce n’était pas avec une bande de jeune …

    En ce moment, je travaille dans l’accueil du publique (sans mon petit) ça va de soit : je te le donne dans le mille, la plupart des gens m’appelle mademoiselle alors que je suis mariée mais que je ne fais pas mon âge quand certain ne me drague pas carrément … euh … comment dire …. ‘-_-

    Bref, j’espère aussi savoir apprendre à mon petit garçon à devenir un homme respectueux de tous, y compris les femmes!

  2. Tu abordes un sujet qui malheureusement n’évolue pas assez vite contrairement aux mentalités parfois malsaines.

    Travaillant dans le secteur du BTP, les « anciens » m’ont toujours appelé madame. Mais j’ai constaté que les plus jeunes tentent de me traiter avec moins de respect alors qu’on est dans le cadre professionnel !

    J’ai également fait le même constat que toi, en tant que maman on est « quelqu’un » par contre en tant que femme, c’est encore difficile de faire accepter son statut. Je trouve cela effarant !

    J’espère que l’évolution suivra son cours grâce aux mamans et femmes telles que toi qui apprennent le respect à leur enfant et cela quelque soit l’origine, la couleur de peau, le sexe des personnes en face d’eux !

  3. Je sais que c’est bien facile à dire de ma part derrière mon écran, mais je trouve que c’était là l’occasion idéale pour en discuter avec eux. Leur demander pourquoi leur attitude est différente du matin.

    Ça me fait penser à cet article :
    http://www.madmoizelle.com/harcelement-de-rue-peur-colere-espoir-349509

    Après ce n’est pas du tout une critique hein, en situation j’aurais surement fait pareil, on est malheureusement conditionnées à baisser la tête. Mais c’est aussi contre ce conditionnement qu’il faut se battre.

    D’autres lien pour la route, car c’est un sujet qui me tiens à cœur
    http://www.madmoizelle.com/diglee-harcelement-de-rue-258677

    http://projetcrocodiles.tumblr.com/post/78830110539/le-site-hollaback-clic-avec-sa-page-comment

    • Disons que vu leur langage et leur attitude, je ne me suis pas aventurée à engager la discussion…
      La différence : j’étais une nana et plus une maman…

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