photo(74)

La journée d’aujourd’hui s’annonçait bien. Ouistiti n’a pas passé une bonne nuit mais en me levant ce matin, c’était moins dur car on était mercredi et qu’un déjeuner-copines était prévu. Vu le temps, on avait décidé de le passer au chaud, en mode cocoon.

La matinée a été un peu compliquée car qui dit mauvaise nuit dit Ouistiti énervé qui demande les bras mais quand il y est, veut en descendre.

J’ai décidé de partir un peu plus tôt pour faire quelques courses à pied, histoire qu’on prenne un peu l’air et raccourcir les correspondances dans le métro.

Je suis partie de chez nous à 11h40.

Le rendez-vous avait été fixé à 12h30. Quand je suis sortie du métro, j’ai vu 12h28 et je me suis dit « chouette, pour une fois, je suis à l’heure ».

Mais au moment où j’ai franchi la porte de pallier de ma copine, tout a basculé quand elle m’a dit « tu as vu ce qu’il s’est passé à Charlie Hebdo », ce à quoi, j’ai répondu « non ! ».

L’espace de quelques secondes (le temps de lui demander « qu’est ce qu’il s’est passé » et de passer de l’entrée au salon où la télé était allumée), j’ai pensé qu’une caricature était sorite ce matin et qu’une réaction s’en était suivie devant les locaux du journal.

J’étais loin du compte…

Quand elle m’a annoncé l’horreur, quand j’ai vu les images et entendu les commentaires des journalistes, je me suis figée.

Nous sommes restées branchées sur la TV et petit à petit on en apprenait plus : Le nombre des victimes, puis des noms connus.

J’ai bien sûr été choquée par l’ensemble des révélations qui étaient faites, mais entendre le nom de Cabu m’a tétanisée.

Outre l’horreur première de ces actes, j’ai senti que mon enfance avait été violentée car avant même d’être le caricaturiste de Charlie Hebdo, pour moi, Cabu, c’est celui qui a illustré les émissions de Dorothée quand j’étais petite. C’est lui qui a créé le « Nez de Dorothée ».

Il a accompagné une grande partie de ma jeunesse et je n’avais aucune idée à l’époque de ce qu’était un caricaturiste, je ne connaissais pas Charlie Hebdo.

En vieillissant, j’ai su qu’il n’était pas qu’un dessinateur d’émissions pour enfant.

Il dessinait les idées qu’il défendait, il soutenait la liberté d’expression, de pensée, de la presse.

Il soutenait LA Liberté.

Mais ce matin, alors que je me préparais à passer une journée insouciante entre copines, des hommes se préparaient à commettre l’acte le plus horrible qui soit.

Ils ont décidé d’attaquer ce journal parce qu’il a publié des dessins. Ils ont décidé d’ôter la vie de ces personnes parce qu’ils ont dessiné ces croquis.

En rentrant, chez moi, j’ai machinalement rallumé la télé sur les infos. J’ai donné le goûter à Ouistiti et à ce moment là j’ai été envahie d’une terrible angoisse.

J’avais mon bébé sur mes genoux qui mangeait son biscuit. Il était contre moi, dans l’innocence la plus totale face à l’atrocité qui venait d’avoir lieu quelques heures plus tôt.

Et c’est là que j’ai eu peur, peur de ce monde dans lequel va vivre mon fils.

Depuis que Ouistiti est né, il m’arrive régulièrement d’appréhender le futur : me voir vieillir ne m’enchante pas et dans ce cas, ce n’est pas pour une question de coquetterie vis à vis de mon âge. Mais comme on dit, c’est la vie !

Par contre, ce qui vient d’arriver aujourd’hui, ce n’est pas la vie ! La terreur de se demander quelle est la prochaine étape à cette barbarie m’envahit. Je la ressens physiquement puisque j’en ai des nausées et des maux de tête depuis plusieurs heures.

Ce monde de violence où l’on fait taire des journalistes qui défendent notre Liberté en s’accrochant à leurs idées, est celui dans lequel Ouistiti va grandir et ce soir ça me terrorise.

Je viens de le coucher après la tétée. Il s’est endormi paisiblement, en n’ayant bien sûr aucune idée de ce qui se déroule, et heureusement !

Je l’ai regardé dormir, respirer doucement et soupirer sereinement : j’ai été submergée par une vague de larmes en me demandant comment j’allais pouvoir le protéger de toutes ces horreurs.

Ce soir, je suis plongée dans une tristesse absolue, je pense aux familles, je pense à tout ce que cet acte barbare vient de détruire.

Pour les victimes, pour Ouistiti, pour la Liberté #JeSuisCharlie !!!!

2 Thoughts on “Comment le protéger de ça ? #JeSuisCharlie

  1. Pingback: Ma Semaine En Instagram #2Maman de Ouistiti | Maman de Ouistiti

  2. MimiTyhaAaron on 13 janvier 2015 at 13 h 19 min said:

    C’est fou, j’avais déjà cette peur là, savoir comment les protéger… Mais aujourd’hui c’est pire…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation