Il y a des anniversaires que l’on déteste célébrer, et celui d’aujourd’hui en fait partie.

Cela fait un an aujourd’hui que mon Beau-Père nous a quitté, trois semaines après que nous ayons pris en pleine figure le diagnostic des médecins.

A ce moment là, nous étions en vacances et je crois, j’en suis sûre en fait maintenant, que je n’ai pas réalisé ce qui arrivait. Surtout qu’à ce moment là, les médecins évoquaient des examens à faire pour décider du protocole à suivre. Tout est arrivé très vite, mais malgré tout, ils ne m’ont pas donné une impression d’urgence car les examens ont lieu sur plusieurs jours hors hospitalisation, pendant une semaine.

Puis nous sommes rentrés, et nous sommes allés le voir. C’est là que j’ai réalisé en le voyant la gravité des choses : il avait beaucoup maigri, il se déplaçait très difficilement car il était très affaibli, le son de sa voix était très bas. Rien que d’y penser, les larmes me montent aux yeux.

Mais comme à son habitude depuis l’annonce de ma grossesse, il m’a demandé « ça va bien vous deux ? » en parlant de moi et Ouistiti.

Nous n’avons pas parlé de ce qui se passait, nous n’avons même pas beaucoup parlé du tout car il était épuisé et il est retourné se coucher.

C’est cette image que je garde de lui car je ne le savais pas à ce moment là, mais c’était la dernière fois que je le voyais.

Le lendemain, faisant face à une douleur extrême, il a demandé à être hospitalisé, lui qui détestait les hôpitaux c’est qu’il devait terriblement souffrir. Nous étions lundi.

S’en sont suivies des visites de ma Belle-Mère et de ses fils. Etant enceinte, PapaDeOuistiti ne voulait pas que j’aille à l’hôpital et je dois avouer que je ne m’en sentais pas le courage. Il a eu d’autres examens dont je ne me souviens pas la nature, ni l’ordre entre le lundi et le jeudi.

Le détail du déroulement de ces quelques jours s’embrouille dans ma tête. Je sais juste que le vendredi, le médecin a dit à sa famille qu’ils attendaient le lundi pour faire le point avec le résultat de tous les examens.

Mais dans la nuit du vendredi au samedi, nous avons été réveillés par un coup de téléphone, et pour avoir déjà vécu ça un matin de bonne heure pour ma Mamie, je savais ce qu’il en retournait.

Nous sommes donc allés à l’hôpital et quand PapaDeOuistiti a mis la radio dans la voiture, c’est « Voilà c’est fini » de Jean-Louis Aubert qui a retenti. Mauvais coup du sort. Nous n’avons pas parlé, nous avions tous les deux la gorge serrée. Je n’arrêtais pas de caresser mon ventre, essayant de contrôler mes émotions pour ne pas que Ouistiti les ressente.

Nous ne l’avons pas vu, il était déjà parti quand nous sommes arrivés. Nous nous sommes effondrés. Là aussi, j’ai occulté plein de choses : l’un des frères de PapaDeOuistiti m’est tombé dans les bras, mais j’ai un doute sur lequel, c’est nul.

Tout s’est ensuite enchaîné : les formalités, les détails à régler…

Ce n’est qu’après qu’on a pu commencer à réaliser que Ouistiti ne connaîtrait jamais son Papy, et ça je ne m’en remets toujours pas. Mon Beau-Père n’était pas quelqu’un qui s’étalait sur ses sentiments mais je sais qu’il avait hâte d’avoir un petit-enfant, et me dire qu’ il ne l’aura jamais vu me déchire le coeur.

De ce 7 septembre à la naissance de Ouistiti, nous avons été rempli de sentiments contradictoires : une énorme tristesse de l’avoir perdu et une immense joie d’accueillir notre bébé. J’ai essayé tant bien que mal de prendre le dessus pour ne pas faire ressentir ça à mon Tout-Petit qui grandissait dans mon ventre. Toutes les fois où j’ai fondu en larmes, j’ai culpabilisé mais je culpabilisais aussi dans mes moments de joie quand j’allais à la maternité ou quand je le sentais bouger.

Puis vint sa naissance où là j’avoue, je n’y ai pas pensé sauf quand ma Belle-mère a vu son Petit-Fils pour la première fois et où forcément ça a tout fait remonter.

Ma claque, moi, je l’ai prise quand mon père a vu Ouistiti pour la première fois. Sans entrer dans les détails, les choses ne sont pas idylliques avec lui, beaucoup de conflits depuis trop d’années. Même ce jour-là, ça n’a rien changé. Et j’ai fondu en larmes car à ce moment là, mon Beau-Père, le Grand-Père de mon Fils m’a manqué douloureusement. Je l’ai dit à mon Chéri : « Ton Papa me manque ! »

Ouistiti porte en 2ème prénom le prénom de mon Beau-Père (en 3ème celui de mon Grand-Père) et je lui parle de lui de temps en temps. Il y a quelques temps, je lui ai expliqué que son Papa allait sûrement être triste mais que ce n’était pas envers lui. Je n’en fais pas non plus une obsession car il est petit et je ne veux pas lui faire peser trop de tristesse sur ses épaules. Mais comme ça il saura qu’il avait un autre Grand-Père et que si il veut qu’on parle de lui, ce sera toujours possible.

De toute façon, je ne peux m’empêcher de penser qu’il est toujours avec nous : depuis que Ouistiti est tout petit, il lui arrive régulièrement de fixer des endroits d’une pièce (un coin de mur dans notre chambre, un luminaire pendant les vacances là aussi dans notre chambre) et depuis qu’il gazouille, quand il fixe, on a l’impression qu’il parle à quelqu’un. Depuis toujours, je ne peux m’empêcher de penser à la série Ghost Whisperer où les enfants peuvent voir les Disparus. Alors je me dis que Ouistiti voit son Grand-Père et qu’ils discutent tous les deux.

Ce qui me conforte dans cette idée, sûrement idiote aux yeux de certains, c’est une petite boîte qu’il nous avait offerte en rentrant de leurs vacances en Bretagne : elle contient deux petites mouettes qui se mettent à chanter quand on l’ouvre. A plusieurs reprises alors qu’elle était fermée, les mouettes se sont mises à chanter. Bien sûr, le bruit a interpellé Ouistiti.

Mais une fois c’est arrivé alors qu’il pleurait à cause de ses reflux, donc il avait mal et rien ne l’apaisait : ni les câlins, ni les chansons, ni la tétine, rien de ce que nous avons essayé. Quand d’un seul coup alors qu’il hurlait, les mouettes ont chanté : il s’est stoppé net ! Nous nous sommes demandés ce qu’il se passait car avec ses pleurs on n’avait rien entendu, et c’est là que nous avons compris. Je suis allée chercher la boîte pour la mettre à sa portée et il l’a regardée avec ses yeux plein de larmes mais apaisé.

Alors oui pour moi, il est là quelque part même si depuis un an, je souffre de ne plus le voir.

J’espère que de là où il est, il voit son Petit-Fils, qu’il est fier de lui et de son fils qui est un si bon Papa.

Je pense à Vous chaque jour, Vous me manquez…

 

Vous me manquez...

11 Thoughts on “Vous me manquez…

  1. Très joli texte ! T’as bien raison de croire que Ouistiti sent la présence de son grand-père, chacun ses croyances, chacun trouve ce qu’il peut pour surmonter la souffrance de l’absence d’un être cher.
    Bon courage à toi et ton homme en cet "anniversaire" difficile <3

  2. bouh tu m’a fais pleurer :/ courage à vous ma belle <3 ce ne sont jamais des dates facile !

  3. Tu m’as fait pleurer… Un article très émouvant et touchant. Oui il est avec vous ça n’en doute jamais… Groooos bisous. Ouistiti a son ange gardien au dessus de lui

  4. Ben voilà, tu m’as faite pleurer. Comme fit Marie, très joli texte. Je pense à vous <3

  5. maman de la Bouille on 7 septembre 2014 at 0 h 00 min said:

    Tellement touchant ton article ma bichette…. Plein de courage a toi, et a Papa De Ouistiti, dans ce triste anniversaire.
    Je partage votre tristesse, ça fait 1 an aujourd’hui que j’ai perdu ma grand-mère, et comme toi, j’ai ressenti des choses contradictoires, entre la tristesse du décès, et la joie de la grossesse….
    Et comme toi, je SAIS que la Bouille ressens la présence de son arrière grand-mère!

  6. Très joli et très émouvant billet <3. Mon chéri a aussi perdu son papa des suites d’une longue maladie. Il a eu le temps de connaître SweetPrincess 9 mois et ne connaîtra jamais LittlePirate. Mon fils porte un dérivé de son prénom en 3e. On leur montre les photos et SweetPrincess le nomme spontanément. LittlePirate pas encore, mais ça viendra. Il reste dans nos coeurs à jamais quoi qu’il arrive, comme pour vous avec ton BP 😉

  7. Il est sublime ton texte.
    Ces dates sont supra difficiles. Plein de pensées, de gros bisous 😉 Et emmène le avec toi là où tu en ressens le besoin. Ils sont là où les emmenons 😉

  8. Comme je comprends tout ça … pour moi mon grand père est toujours là aussi … je ne connaissais pas autant ma belle mère mais avec mes loulous elle me paraît elle aussi toujours présente … plein de bisous !

  9. Plein de douceur à toi et ton homme, aujourd’hui…
    Nous, nous avions perdu la grand-mère de mon mari au cours de ma deuxième grossesse. C’était il y a 8 ans, et ma fille me fait de temps en temps raconter qu’elle était là, dans mon ventre, lors de l’enterrement, qu’elle entendu la voix de son arrière-grand-mère. C’est important, pour elle, ça fait partie de son histoire, de son identité.
    Prenez soin de vous…

  10. Quel beau témoignage d’amour !

  11. Bon bah voilà c’est fait, les larmes ont roulées sur mes joues.
    Forcément cela me touche, demain ça fera un mois que ma maman à suivi le papy de Ouistiti.
    Je dois même te dire que je pleure grave là, je souffre tellement de son absence… Un mois que je n’ai pas entendu le son de sa voix à part quand j’écoute mon répondeur et les messages qu’elle m’a laissé.
    Je pense comme toi qu’il y a quelque chose après. J’ai eu deux/trois signes depuis la disparition de ma mère.
    Un plateau en bois rond qui tourne sur lequel une corbeille à fruits très lourde était posée. Le plateau à fait un tour et c’est arrêté net.
    J’ai été très interloqué et j’ai demandé « c’est toi maman? », j’ai de nouveau regarder mon écran (car je bloguais) et j’ai vu trois gouttes d’eau. (Comme des larmes)

    Je ne suis pas folle et j’ai bien vu le plateau tourner donc je le dis qu’elle a du le faire un signe pour le montrer qu’elle est à mes votes à présent.

    Des gros bisous à papa de Ouistiti dont je comprend la douleur….

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation